| Protocole | Description détaillée d’une expérience (ou d’une observation) qui permet sa réplication par d’autres expérimentateurs Exemples : 1- Chronométrer la chute d’un poids de 1kg à 1m du sol 2- Lancer 1 dé à 6 faces en le faisant rouler 3- Mesurer la taille d’un patient avec une toise La possibilité de répliquer une expérience est la condition initiale d’une démarche scientifique |
| Reproductibilité | Propriété d’obtenir le même résultat par réplication du protocole – Déterministe : exactement le même résultat (voir exemple 1 précédent) – Aléatoire (ou stochastique) : le résultat varie selon des caractéristiques quantifiables (voir exemples 2 & 3) –> Varie par choix de l’individu, du moment, de l’outil,… –> Ce qui est reproductible, c’est comment le résultat varie |
| Épreuve | Expérience (ou observation) dont le résultat est aléatoire – Mesurer la taille d’une personne choisie au hasard (voir exemple 3) |
| Événement élémentaire (é.é.) | Correspond au résultat d’une épreuve – Exemple 2 : le dé vaut « 4 ». « 4 » est un é.é. – Exemple 3 : la taille est « 167 cm » L’ensemble des é.é. est noté E : c’est l’ensemble fondamental. E peut être : – Dénombrable (y compris fini) : on peut énumérer tous ses éléments, même si infiniment nombreux –> Exemple 2 : E = {1,2,3,4,5,6} – Indénombrable (c’est-à-dire valeur continue) –> Exemple 3 : E = [0, + ∞) |
| Événement | Ensemble d’é.é. présentant un caractère commun – Exemple 2 : « face du dé paire » = {« 2 » ; « 4 » ; « 6 »} – Exemple 3 : « taille supérieure à 165 cm » = [165, ∞) Ω est l’ensemble de tous les événements : – C’est l’ensemble de toutes les parties de E. – C’est un ensemble différent de E : –> Exemple 2 : Ω = {Ø,{1},{2},{3},{4},{5},{6},{1,2} ,{1,3} ,{1,4} ,{1,5} ,…, {1,3,4,5,6},{2,3,4,5,6}, {1,2,3,4,5,6}} –> On ne peut pas toujours l’écrire : exemple 3. |
Un événement = un ensemble d’é.é.
On peut utiliser les opérations ensemblistes pour définir des événements en combinant des événements (élémentaires) existants par complémentaire, union, intersection
| Complémentaire | CA : le complémentaire de A. Tous les é.é. de E qui ne réalisent pas A. On note aussi AC ou Ᾱ. Exemple : lancer de dé – A = {« 3 » ; « 4 »} – CA = {« 1 » ; « 2 » ; « 5 » ; « 6 »} ![]() |
| Union | A U B = A ou B = les é.é. qui réalisent soit A, soit B, soit les 2 Exemple : lancer de dé – A = {« 3 » ; « 4 »} – B = {« 2 » ; « 4 » ; « 5 »} – A U B = {« 2 » ; « 3 » ; « 4 » ; « 5 »} ![]() |
| Intersection | A ∩ B = A et B = les é.é. qui réalisent A et B en même temps Exemple : lancer de dé – A = {« 3 » ; « 4 »} – B = {« 2 » ; « 4 » ; « 5 »} – A ∩ B = {« 4 »} ![]() |
| Incompatibilité | Exemple : l’événement « face du dé paire » ne peut pas se produire en même temps que l’événement « face du dé impaire ». => événements incompatibles A, B sont « incompatibles » si A ∩ B = Ø – aucun é.é. ne réalise en même temps A et B – A et B ne se produisent jamais ensemble Remarque : deux é.é. sont toujours incompatibles entre eux ![]() |
Les probabilités « mesurent » l’occurrence des événements :
Comment définir les probabilités en pratique ?
Toutes ces définitions sont acceptables tant qu’elles se conforment aux « axiomes du calcul des probabilités ».
« Axiomes » du calcul des probabilités
Axiome = propriété admise qui sert à bâtir une théorie
Calculs usuels
Soit A un événement, CA son complémentaire, alors P(CA) = 1 – P(A)
Soit A, B 2 événements, alors P(A U B) = P(A) + P(B) – P(A ∩ B)

Définir les probabilités :
| Le cas dénombrable | Chaque é.é. ei est associé à une probabilité pi =P(ei) avec Σi pi =1 – Exemple : P(Yeux bleus) = 60%, P(Yeux marrons) = 40% ; 60% + 40% = 1 Un cas fréquent est le cas « fini équiprobable » : – Chaque é.é. ei a la probabilité 1/K, où K est le nombre d’é.é. dans E (le cardinal de E) – Exemples : –> Pile ou Face : P(Pile) = ½ ; P(Face) = ½ –> Dé : P(« 1 ») = 1/6 ; …P(« 6 ») = 1/6 |
| Le cas indénombrable | Dans le cas indénombrable, la probabilité de chaque é.é. est obligatoirement nulle pour respecter l’axiome 3 (P(E) = 1) Il faut définir d’autres outils : la densité de probabilité (voir fiche suivante) |
Calcul de la probabilité d’un événement dans le cas dénombrable
Probabilité d’un résultat pair dans un lancer de dé ?
= P(« 2 ») + P(« 4 ») + P(« 6 »)
= 1/6 + 1/6 + 1/6
= ½
=> La probabilité d’un événement est la somme des probabilités des événements élémentaires qui le réalisent.
Cas fini équiprobable : P(A) = (nombre d’é.é. réalisant A) / (nombre d’é.é total)
Probabilité d’avoir 2 « Pile » dans 2 lancers successifs ?
P(« Pile 1er lancer » ∩ « Pile 2nd lancer ») = P(« Pile 1er lancer ») * P(« Pile 2nd lancer »)
= ½ * ½
= ¼

| Définition | Deux événements A, B sont dits indépendants si P(A ∩ B) = P(A) P(B) – La probabilité qu’ils se réalisent conjointement est le produit de leurs probabilités. Indépendance = la survenue de l’événement A ne donne pas d’information sur la survenue de l’événement B Si A indépendant de B, alors B indépendant de A. Si A indépendant de B, alors A indépendant de CB. |
| Indépendance et Incompatibilité | Attention : deux notions différentes ! « Yeux bleus » incompatible avec « Yeux marron » – Pas indépendant : si A = « Yeux bleus » se produit, on sait que B = « Yeux marron » ne se produit pas => Deux événements incompatibles ne sont pas indépendants. « Yeux bleus » indépendant de « Sexe féminin » – Indépendants car caractères portés par des chromosomes différents, sélectionnés indépendamment lors de la méiose – Pas incompatible : il existe des personnes qui sont « Yeux bleus » ET « Sexe féminin » => Deux événements indépendants ne sont pas incompatibles. « Yeux bleus » / « Cheveux blonds » : – La région OCA2, proche de HERC2, est impliquée dans la production de mélanine et des Cheveux Blonds – ni incompatible, ni indépendant => Certains événements ne sont ni indépendants, ni incompatibles. |
Probabilité que le dé soit pair (évènement A) ?
Si l’on sait déjà que le résultat est ³ 4 (évènement B). Probabilité que le dé soit pair (A) ?
On note P(A|B) la probabilité de A lorsque B s’est produit (ou conditionnellement à B) = « Probabilité de A sachant B »
| Calcul d’une probabilité conditionnelle | La probabilité conditionnelle P(A|B) est calculée par : P(A|B) = P(A ∩ B) / P(B) – Remarque : P(A ∩ B) = P(A|B) P(B) – Il faut P(B)>0 : on ne sait pas dire ce qui arrive car un événement impossible ne se réalise jamais Le dé a fait un résultat ³ 4 (B). Probabilité que le dé soit pair (A) ? – A ∩ B = {« 4 » ; « 6 »}, P(A ∩ B ) = 2/6 – P(B) = 3/6 – P(A|B) = (2/6) / (3/6) = 2/3 |
| Attention ! | A = « tenter sa chance » (= acheter un billet de loterie) B = « gagner à la loterie » « 100% des gagnants ont tenté leur chance » : P(A|B) = 100% « 1/1 000 000 de ceux qui ont tenté leur chance ont gagné » : P(B|A) = 0,000001% Le sens du conditionnement est essentiel. |
| Probabilité conditionnelle / Intersection | Les deux notions sont reliées : P(A ∩ B) = P(A|B) P(B) Mais à ne pas confondre : – P(être un homme et avoir les yeux bleus) : P(« Yeux bleus » ∩ « Hommes ») – P(yeux bleus sachant que c’est un homme) : P(« Yeux bleus »|« Homme ») Utiliser « ET » ou « SACHANT » dans les libellés : – « Gyrophare » : Sachant / Chez / Parmi |
| Probabilité conditionnelle et indépendance | Indépendance des deux caractéristiques : proportion d’yeux bleus chez les femmes = proportion d’yeux bleus chez les hommes = proportion d’yeux bleus dans la population en général A, B indépendants <=> P(A|B) = P(A|BC) = P(A) – Si A, B indépendants, la probabilité de A n’est pas modifiée après que B se soit produit – « pas d’information » entre B et A Justification : – P(A∩B) = P(A) P(B) (si indépendance A, B) – P(A|B) = (P(A) P(B)) / P(B) = P(A) |
| Lien entre probabilité (totale) et probabilité conditionnelle | La population adulte est féminine à 52% : P(F) = 52% – Femme / Homme constituent une partition de E –> F U H = E; F ∩ H = Ø => P(H) = 1 ‐ 52% = 48% – Tabagisme (évènement S): –> Il y a 30% de fumeurs chez les hommes : P(S|H) = 30% –> Il y a 24% de fumeurs chez les femmes : P(S|F) = 24% Quel pourcentage de la population adulte fume ? – P(S) = 0,30 * 0,48 + 0,24 * 0,52 = 26,9% = P(S|H) P(H) + P(S|F) P(F) |
| Formule de la probabilité totale | Soit une partition de E = B U CB – Partition : B et CB incompatibles, B U CB = E P(A) = P(A|B) P(B) + P(A|CB) P(CB) Preuves : –P(A) = P(A ∩ E) = P(A ∩ (B U CB)) = P((A ∩ B) U (A ∩ CB)) = P(A ∩ B) + P(A ∩ CB) = P(A | B) P(B) + P(A | CB) P(CB) – Remarque : extension possible à une partition en plus de 2 parties |